Entretien avec Mandé Mory BAH, designer d’expérience et responsable du service design d’Atos Sénégal

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De passage à Africa Design School pour animer un atelier sur l’ergonomie des interfaces web et mobile, Mandé Mory Bah nous parle de son parcours, de son métier de designer d’expérience et de la place de plus en plus importante du design dans le secteur du numérique en Afrique.

Africa Design School : Peux-tu te présenter, ton parcours, ton poste actuel, tes activités ?

Mandé Mory Bah : Je suis Mandé Mory Bah, j’ai 27 ans et je suis installé au Sénégal depuis maintenant 10 ans. Je suis arrivé de la Guinée Conakry en 2009 pour poursuivre mes études supérieures en communication et multimédias. Aujourd’hui, je suis titulaire d’un Master en Communication. Pendant mes études, j’ai eu la chance de découvrir le monde du travail assez tôt, ce qui m’a permis de mieux orienter mes choix professionnels. J’ai travaillé durant 8 ans dans le milieu de la presse écrite en tant que graphiste. En parallèle, j’ai découvert le secteur de la finance en tant que designer d’expérience (UX designer] durant 3 ans avec Microcred (maintenant Baobab) puis la télécommunication avec Sonatel/Orange.

Aujourd’hui, je suis le responsable du Design chez Atos Sénégal, une filiale du groupe Atos. J’interviens à ISM Dakar pour donner des cours de design d’expérience et je suis entrepreneur avec mon site de vente en ligne de vêtements et d’objet recyclés https://donkafele.com/.

ADS : Pourquoi avoir accepté d’animer un workshop à Africa Design School ? Qu’est-ce qui t’a motivé ?

MMB : La première fois qu’on m’a proposé d’enseigner, j’ai repoussé l’idée avec le prétexte que je ne serai pas en mesure d’apprendre aux étudiants quoique ce soit. Puis, dans mon travail, j’ai été confronté à l’incompréhension par mes collègues du métier dans lequel j’évoluais. J’étais souvent obligé d’être pédagogue avec eux. Avec le temps, de nouvelles propositions d’enseignement me sont parvenues et je les ai acceptées car j’avais de plus en plus envie de partager mes connaissances et d’échanger avec d’autres. Quand j’ai été sollicité par Africa Design School pour animer un workshop, je n’ai pas hésité, car c’était pour moi l’opportunité de partager dans un cadre adapté à mes exigences pédagogiques.

ADS : En quoi consistait ce workshop ? Quels étaient les objectifs ?

MMB : Le workshop consistait à initier les étudiants de la première année au concept de l’ergonomie des interfaces web et mobile. L’objectif était de permettre aux étudiants de comprendre l’importance de la conception d’interface utilisateur et les méthodes standards pour aborder la conception d’une interface utilisateur, de créer des ergonomies adaptées aux supports web et mobiles, puis d’organiser et conduire les tests utilisateurs.

ADS : Tes impressions sur la première promotion d’Africa Design School ?

MMB : Le Sénégal, où je suis basé, on dispose d’un système éducatif post-bac très réputé dans la sous-région. De plus, le secteur du digital et de la technologie se structure de plus en plus et embauche beaucoup. En arrivant à Africa Design School, au Benin, j’avais un léger a priori sur la capacité des étudiants à vite comprendre le contenu du workshop. Sur place, j’ai été rapidement impressionné, d’abord par l’infrastructure de l’établissement qui force le respect et la rigueur chez tout intervenant, mais aussi par les étudiants qui sont restés motivés et disciplinés tout au long de l’atelier. Je ne suis jamais intervenu dans une classe avec des étudiants aussi disponibles pour apprendre de nouvelles choses et aussi exigeants. Pour vous faire une confidence : chaque fois que j’intervenais, je me devais d’être meilleur que la veille.

ADS : Pourquoi former des designers numériques en Afrique selon toi ? Est-ce qu’ATOS en recherche ?

MMB : Quand je dis à mes proches que je suis designer, la seule chose qu’ils comprennent, c’est : « il est artiste… ». Alors, je me suis vu contraint de préparer un discours rodé pour rapidement me faire comprendre quand je me présente. En Afrique, la pratique du design a souvent été difficile à définir, et son importance rarement comprise. Mais, avec le développement du numérique et son impact quotidien dans nos vies, le design commence à prendre une place centrale dans la conception des produits et services. De plus en plus d’entreprises dont une partie des activités est numérique et destinée à un usage grand public, font recours aux designers pour concevoir des produits et services qui s’adaptent au mieux à l’expérience et à l’exigence des utilisateurs finaux.

Le design n’est pas la première activité d’ATOS, mais face aux besoins croissants des partenaires, il devient un élément indispensable pour leur offrir un service de qualité, et donc de garder une avance sur nos concurrents. De la finance à l’agriculture en passant par la télécommunication et le transport, nos domaines d’intervention sont larges. Avoir une équipe capable de répondre aux besoins spécifiques de nos partenaires en termes de design est une obsession. Mon rôle est d’en construire une.

(Source : Africa Design School, 13 janvier 2020)

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via osiris

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