COVID19 et transformation digitale : Quels enseignements tirer du point commun entre Huawei, TikTok et Sonatel Orange

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Bloqués aux quatre coins du monde, loins de leur bureaux, de leurs collègues et de leurs proches, ces experts chargés de développer l’activité du géant Huawei, à l’image de la plupart des travailleurs ayant la possibilité (chance) d’utiliser la technologie pour rester productifs, ont passé de longues semaines entre webinars, vidéo-conférences et autres séances de travail à distance entre collègues et avec leurs clients.

Et ce qui est intéressant à analyser ici c’est la formidable capacité à s’adapter à cette situation dont le monde entier a finalement fait preuve, mais plus particulièrement ces géants de la technologie qui ont vécu cette expérience hors du commun à la même enseigne que leurs clients du monde entier.
Bien entendu, les plus grandes entreprises ont été secouées par cette pandémie planétaire sans précédent. Des secteurs névralgiques comme le transport, le tourisme, la médecine, l’éducation, ou encore le divertissement, et bien d’autres, ont mis genou à terre, laissant sur le carreau des millions de gens qui se sont retrouvés impactés de manière durable par le coronavirus dans le monde entier.

Des moments pivot cependant pour ceux qui, comme TikTok, en ont profité pour dévoiler la dimension humaine de leur organisation, en tournant leur toute première campagne commerciale à la télé, entièrement pendant le confinement, ici encore, via la plateforme majeure de vidéoconférence Zoom.

Et si le monde a fait preuve d’une résilience sans précédent dans la plupart des secteurs de l’économie, c’est assurément grâce à la vitesse à laquelle l’information (sur la gestion de la pandémie éventuellement) a circulé d’un smartphone à un autre, d’un groupe d’individus à un autre, d’un point à un autre du globe. Analysons à présent quelques chiffres qui pointeront l’impérieuse nécessité pour nos pays, en Afrique, de très sérieusement se pencher sur l’après-COVID, sous le spectre d’un saut technologique impératif à la survie de nos économies qui commencent à subir de plein fouet les effets du nouveau Coronavirus.

L’Afrique comptait plus de 400 millions d’internautes en 2018, soit 20% de plus qu’en 2017. Les téléphones mobiles sont le moyen préféré d’accéder à Internet (utilisé trois fois plus que les ordinateurs) et les Nations Unies estiment que les opérateurs de téléphonie mobile sont les principaux créateurs d’emplois aujourd’hui. Avant la crise, il était prévu que l’industrie de la téléphonie mobile générerait 7,9% du PIB et créer 3,45 millions d’emplois en Afrique subsaharienne d’ici 2022. – CNBC

À présent observons un peu plus en détails les taux de pénétration d’internet dans chacun des pays d’Afrique.

Sur ce continent d’un peu plus d’un demi milliard d’utilisateurs d’internet, l’on note que le taux de pénétration record est détenu par le Kenya ( 87,2% ), tandis que la palme du nombre d’utilisateurs d’internet est détenu par le géant nigérian ( +126Mio utilisateurs actifs d’internet ).



Avec l’arrivée de plus en plus imminente de la 5G, j’aimerais que nous envisagions une disruption à la hauteur du saut technologique ayant conduit de la 4G à la 5G !

En effet, même si le Nigeria fait partie des rares pays à expérimenter la 5G pour le moment, « seulement 4% (environ) des utilisateurs de l’Internet mobile sont passés à la 4G, quand plus de 40% de cette population utilise la connexion 3G, plus lente mais moins chère, malgré la grande couverture du réseau 4G dans ce pays. Et c’est la même histoire un peu partout en Afrique. » – Read Going hungry for data in South Africa

Cette dure expérience de la COVID19 ne devrait-elle pas marquer le début d’une ère nouvelle où tous les apprenants, dès lors qu’ils sont en classe d’examen, bénéficieraient automatiquement d’un accès gratuit à l’ensemble des plateformes de travail collaboratif qui ont été déployées dans l’urgence et qui leur ont permis de continuer tant bien que mal leur programme ?
Sur cette question, un autre cas d’étude mérite qu’on s’y penche, en matière d’accompagnement à la gestion de la crise au niveau national, et eu sein d’une entreprise sénégalaise.

Il s’agit du groupe SONATEL Orange qui dès les premiers jours de l’état d’urgence décrété par le Président sénégalais Macky Sall, a mis à disposition un « Pass Éducation » donnant accès à des contenus exclusivement éducatifs via ses partenaires : l’Université Virtuelle du Sénégal, Université Virtuelle de Tunisie et le CNED, entre autres contributions à l’effort de lutte contre la COVID19.

En interne, plusieurs mesures sanitaires ont été prises pour protéger les collaborateurs et le télétravail s’est instauré en règle générale, sauf pour les équipes opérationnelles, en agences, et les agents de maintenance du réseau qui ont assuré la continuité du service sur le terrain. Comme pour la plupart des entreprises fonctionnant sur la base des principes agiles, il a fallu apprendre en avançant, tout en se fixant des objectifs à atteindre et en analysant les points bloquants afin de les surmonter semaine après semaine.
Revenons à Huawei, qui s’est illustrée durant cette pandémie, avec un ensemble de mesures internes qui ont eu pour principal objectif d’assurer aux employés une santé physique et mentale, ainsi que leur subsistance en cette période compliquée.

En effet, au Sénégal, quelques pertinentes mesures ont été déployées très rapidement au niveau de la représentation de la compagnie, comme, entre autres mesures, un démarrage rapide du plan de télétravail en fonction des responsabilités des employés (en vue de réduire au maximum les contacts), l’équipement des travailleurs par des masques ou encore de kits IT qui leur ont permis de travailler de chez eux, avec un le plus de confort possible.
Autre aspect important pris en considération par le géant chinois, c’est le soulagement de la pression psychologique des employés, avec l’installation d’espaces de sport ainsi que d’aires de repos.

Éducation : Beaucoup l’ignorent encore, mais Huawei au Sénégal a proposé, suite à l’appel du Président Sall à venir en appui au secteur de l’éducation (entre autres secteurs durement touchés par la crise), le “Learn On Action” aux académies ICT locales et offert des cours de TIC en ligne via leur plateforme ‘TalentOnline’.

À ce jour, plus de 370 étudiants venant de l’ESP, l’ESMT, ISI, UVS, UGB, EPT sont inscrits et suivent les cours en ligne à distance suite auxquels des sessions d’examen de certification seront organisées en ligne.

Ne faudrait-il pas dès lors envisager, pour les pays d’Afrique, en même temps qu’une restructuration en profondeur du système sanitaire, une intégration de la dimension technologique du déploiement d’infrastructures connectées, soutenue par une participation significative et active du secteur privé et des gouvernements ? Une mise à disposition d’un internet fiable, rapide, sécurisé et avec une couverture universelle ne devient-elle pas un impératif de plus en plus probant au vu des bouleversements constatés ? D’autant plus qu’il a été démontré durant cette pandémie, qu’il suffisait d’un peu de volonté pour que ce soit faisable.

J’aimerais que se tiennent des séances de réflexion dans toutes les sphères de la société, au sein des startups, dans les écoles, dans les universités, au sein des grandes entreprises, des organismes régionaux, les salons mais aussi et surtout au sein des instances de décision.

Il est temps d’amorcer plus vigoureusement ce leapfrog technologique si longtemps théorisé en Afrique.

Demba Guèye

(Source : Blog de Demba Guèye, 26 juin 2020)

Ps : Sur les chiffres d’Internet World Stats, je n’ai clairement pas pu me retenir de comparer le Sénégal au Rwanda sur chacun des metrics.
Et vous, quels pays avez vous comparé ? J’attends de vous lire en commentaires.

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via osiris

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