Compétitivité du Sénégal sur le commerce électronique mondial

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Les acteurs de l’écosystème préconisent la coordination des initiatives
Le ministère du Commerce et des Petites et moyennes entreprises a organisé, hier, un atelier sur « Les implications de la déclaration conjointe sur le commerce électronique ». Étant donné que le pays ne fait toujours pas partie des 86 États membres de l’organisation, les experts en E-commerce ont rappelé de la nécessité d’œuvrer « à coordonner les initiatives » pour stimuler la compétitivité en attendant l’adhésion à ce cercle.

L’Équateur et le Guatemala sont les derniers pays à rejoindre l’Initiative de déclaration conjointe sur le commerce électronique. Le Sénégal n’est pas encore officiellement admis dans ce cercle composé de 86 États. Sa présence « n’est qu’informelle » en attendant une adhésion concrète découlant d’un accord. Toutefois, le Sénégal prépare le terrain. C’est à ce titre que le ministère du Commerce et des Petites et moyennes entreprises a regroupé, hier, des experts pour aborder les potentiels du secteur et les écueils à lever. Ces figures de l’écosystème sénégalais ont unanimement reconnu l’expansion du secteur qui, d’après le directeur de cabinet dudit ministère, Ousmane Goudiaby, mobilisait au moins 21 000 000 d’acheteurs en ligne en Afrique en 2017. « Il suscite un intérêt croissant et pourrait offrir de nouvelles opportunités d’échange, car c’est un outil particulièrement porteur », a souligné M. Goudiaby.

Pris à part, la dynamique du Sénégal dans ce domaine est timide, selon le directeur du Commerce extérieur, Boubacar Mbodji. Il révèle que notre pays peine à tirer son épingle du jeu à cause du pouvoir des grandes industries comme Amazon, Facebook qui couvrent l’essentiel des transactions. Dès lors, M. Mbodji a mis en avant la nécessité pour le Sénégal de se préparer à défendre ses intérêts « le jour où les négociations pour son adhésion à ce cercle aboutiront ». Pour y arriver, le directeur du Commerce extérieur estime qu’il faut d’abord relever les défis de l’accessibilité et du coût de l’internet qui reste « encore très cher », de la viabilité des transactions, de la logistique avec les services de livraison, de la mise en place de points relais ainsi que du développement des structures de stockage.

La nécessité de coordonner les initiatives

L’experte Leonila Guglya a insisté sur la nécessité de renforcer les plateformes numériques d’échange et de développer la compétitivité extrafrontralière avec des services de qualité. Ces actions doivent aller de pair avec une politique de mise en cohérence des initiatives, selon le directeur des Technologies de l’information et de la communication au ministère des Télécommunications, Hachim Malick Ndiaye. « On manque de politique de mise en cohérence des initiatives. C’est un défaut lié au contexte. On a été impacté par la pandémie qui a ralenti les réformes de l’État du Sénégal et la revue des cadres juridiques. Nous sommes, aujourd’hui, conscients de l’importance de l’adaptation de la règlementation du webtech, car nous sommes, aujourd’hui, rattrapés par l’évolution et l’innovation technologique. Ce qui nous manque au Sénégal, c’est la mise en cohérence des initiatives », a-t-il déclaré. Pour M. Ndiaye, la performance du secteur du commerce au Sénégal nécessite une politique cohérente et coordonnée entre la Commission des données personnelles, la cryptologie, le ministère du Commerce et des Petites et moyennes entreprises et celui des Finances et du Budget. Sans quoi, dit-il, « le travail ne se fera qu’avec des réformes sectorielles » ; ce qui, à l’en croire, n’est pas la solution.

Demba Dieng

(Source : Le Soleil, 13 novembre 2020)

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