Afrique du Sud : acculé par la conjoncture, l’Etat s’apprête à liquider ses parts dans Telkom

Afrique du Sud : acculé par la conjoncture, l’Etat s’apprête à liquider ses parts dans Telkom

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La situation catastrophique de la South Africain Airways (SAA) aggravée par le déficit budgétaire a poussé le gouvernement sud-africain à envisager la cession de ses parts dans l’opérateur historique Telkom. L’Etat sud-africain détient 39% du capital valorisé à 723 millions de dollars.

Le gouvernement sud-africain semble décidé de se séparer de ses actifs pour colmater le déficit budgétaire qui met à genoux l’économie. Les 39% de parts détenus par l’Etat dans le tour de table de l’opérateur télécoms historique Telkom semblent être les premiers actifs dont Pretoria devra se séparer après que le management de l’opérateur ait annoncé avoir identifié des acquéreurs potentiels.

Vente Etat à Etat

Le management de l’entreprise a par ailleurs, annoncé publiquement que la vente des parts détenues par l’Etat devrait s’effectuer sous la forme d’un placement privé. Les actions « publiques » sont valorisées à près de 723 millions de dollars (10,4 milliards de rands), leur cession devrait selon Malusi Gigaba, ministre des Finances, permettre de lever les fonds nécessaires au soutien d’entreprises publiques en difficulté, notamment la compagnie nationale, South African Airways.

Pretoria a ainsi contacté Public Investment Corp (PIC), le plus important gestionnaire de fonds africain qui gère quelques 137 milliards de dollars d’actifs pour reprendre ses parts dans le capital de Telkom. Le PIC étant pour rappel, semi-public, c’est l’administrateur des retraites et des travailleurs du gouvernement sud-africaine qui a signifié son intérêt pour l’accord au nom du fonds. Pour l’heure, PIC qui détient déjà 11% du tour de table de Telkom n’a encore par présenté d’offre ferme, ce qui laisse la porte ouverte à des offres formulées par des groupes privés.

Rassurer les acheteurs potentiels

Le directeur général de Telkom, Sipho Maseko a par ailleurs rappelé à maintes reprises que le gouvernement « lui avait assuré que la vente serait exécutée dans les règles de l’art et de manière disciplinée ». Une déclaration qui vise à rassurer les investisseurs potentiels, notamment internationaux échaudés par les réactions en série qu’a suscité la polémique Gupta (baisse de notations, démissions en série chez KPMG, clash entre banques et Gupta) ou encore les tensions politiques liée au remplacement de Jacob Zuma à la tête de l’ANC et par ricochet à la tête de l’Etat.

L’incertitude sur la marche à suivre par le gouvernement sur le dossier Telkom a pesé sur la cotation de l’opérateur sur la place de Johannesburg, qui a chuté de 10% le vendredi 10 novembre. L’opérateur a par ailleurs annoncé une baisse de ses bénéfices au premier semestre. Ce n’est pas la première fois que Pretoria se voit obligée de céder ses participations, le gouvernement a dû se séparer d’actifs pour renflouer la SAA, après qu’un pool de créanciers comprenant CitiGroup aient refusé de recapitaliser la dette. L’exécutif a également cédé ses parts dans Vodacom au PIC pour renforcer une levée en faveur d’Eskom, producteur étatique d’électricité.

Amine Ater

(Source : La Tribune Afrique, 11 novembre 2017)

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via osiris

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